Énorme succès du débat de la primaire socialiste sur France 2

Énorme succès du débat de la primaire socialiste sur France 2

Le Point.fr – Publié le 16/09/2011 à 11:01 – Modifié le 16/09/2011 à 12:10

Le premier débat a rassemblé 4,9 millions de téléspectateurs. France 2 a remporté la bataille des audiences.

4,9 millions de téléspectateurs ont regardé le débat de la primaire socialiste sur France 2. © Patrick Kovarik / AP / Sipa

Qui a dit que les Français ne s’intéressaient plus à la politique ? Au vu du score réalisé jeudi soir par le premier débat du PS, retransmis sur France 2, la présidentiell semble remobiliser l’électorat. Selon Médiamétrie, 4,9 millions de téléspectateurs, soit 22,1 % des individus présents devant leur écran, ont suivi les prestations des six candidats à l’investiture du Parti socialiste. France 2, leader absolu sur la soirée, bat Masterchef sur TF1 (20,5 % de part d’audience). Un score jamais enregistré par une émission politique depuis très, très longtemps.

À vous de juger, émission d’Arlette Chabot, n’avait jamais fait mieux que 17,1 %, le 14 février 2008, avec Nicolas Sarkozy comme invité. Le deuxième score le plus élevé était à mettre au crédit de Dominique Strauss-Kahn : 16 %, le 26 mars 2009. Le très bon résultat du débat de la primaire PS laisse-t-il augurer d’une affluence record le 9 octobre prochain ? Nicolas Sarkozy avait réalisé un meilleur score en 2007 dans 100 minutes pour convaincre, sur France 2 (5,7 millions de téléspectateurs). Toutefois, à l’époque, l’univers de concurrence était moins morcelé du fait que l’Hexagone ne recevait pas autant de chaînes de la TNT qu’aujourd’hui.

Des joutes assez feutrées

Les joutes furent assez feutrées et les socialistes parvinrent, en dépit de leur antagonisme, à se respecter. Martine Aubry tenta de se démarquer plus nettement des positions de François Hollande, notamment sur le nucléaire. Mais, au terme de la discussion, celui-ci démontra que leurs analyses n’étaient pas vraiment différentes puisque tous deux s’accordent sur une diminution de l’approvisionnement en énergie d’origine nucléaire à 50 % au moins en 2025. Hollande pointait avec ironie qu’il était assez vain de prendre des engagements pour 2050 compte tenu du fait que lui-même et d’autres candidats auraient rendu l’âme à cette date…

Jean-Michel Baylet, candidat des radicaux, trancha nettement la question de la légalisation du cannabis, dont le trafic actuel est un grand fauteur de troubles dans les quartiers. Les autres restent sur une ligne d’interdiction. La drogue, même douce, reste un fléau social dont les filières d’approvisionnement doivent être combattues, a notamment insisté Arnaud Montebourg. Martine Aubry souhaite qu’on laisse tranquille le petit consommateur pris avec 5 grammes de cannabis en poche et Hollande laisse, lui aussi, entendre que les peines prévues dans le Code pénal ne sont pas adaptées et devront l’être dans une société qui compte 500 000 adeptes de la « fumette ».

Le cas DSK divise

Arnaud Montebourg et Ségolène Royal se rejoignent sur l’impérieuse nécessité d’une régulation bancaire ferme, préalable indispensable, selon eux, à tout projet de relance économique. Montebourg et Royal insistent sur le fait que l’État doit soumettre la finance à sa loi. Manuel Valls, qui est apparu le plus à droite des candidats PS, insiste, quant à lui, sur l’absolue nécessité de revenir à l’équilibre des comptes. Une nuance par rapport au projet de François Hollande et Martine Aubry qui espèrent, l’un et l’autre, pouvoir manier rigueur et relance dans un subtil équilibre, le tout devant passer par une réforme fiscale qui abolit les niches et fait peser équitablement la charge de l’impôt sur le capital et le travail. C’est d’ailleurs ici un point commun à l’ensemble des candidats à la primaire.

Quant à la place future de DSK, qui s’exprimera dimanche sur TF1, là aussi les téléspectateurs ont pu percevoir plus que des nuances. Arnaud Montebourg est certainement celui qui ne pardonne pas, pour l’heure, l’épisode Nafissatou Diallo. Il attend des « excuses » de l’ancien directeur général du FMI. Manuel Valls, au contraire, a réitéré que DSK était son « ami » et que la gauche ne pouvait se passer de son expertise économique. Montebourg se positionne contre l’action de DSK à la tête du FMI. François Hollande, lui, s’est situé sur le terrain de l’ambition en faisant remarquer que si DSK avait pu se présenter à cette primaire, lui, François Hollande aurait « de toute façon » été « là ». Ce sont bien deux ambitions radicalement antagonistes qui se seraient affrontées, sans désistement possible, contrairement peut-être à la candidature de Manuel Valls.

Source: Le Point Fr: Énorme succès du débat de la primaire socialiste sur France 2