Interview du Petit Journal de Bangkok: Marc Villard Candidat PS pour la députation en Asie

Logo Le Petit JournalMarc Villard, Conseiller Elu de l’Assemblée des Français de l’étranger, représentera le parti Socialiste (PS) aux législatives de 2012 dans la 11e circonscription, qui regroupe 49 pays couvrant une vaste zone de 50 millions de kilomètres carrés allant de l’Ukraine jusqu’à l’Océanie. Basé au Vietnam depuis plusieurs années, il vient régulièrement en Thaïlande. Il a bien voulu répondre à quelques unes de nos questions

marc villardMarc Villard revendique sa proximité avec le terrain, un atout essentiel, selon lui, pour défendre au mieux les intérêts des Français de l’étranger devant le Parlement (Photo courtoisie Marc Villard)

Le candidat PS sur la zone Russie–Asie-Océanie pour les élections législatives de 2012 sera Marc Villard, Conseiller Elu de l’Assemblée de Français de l’étranger (AFE) et Président de la Commission des affaires économiques et financières depuis 2006. Directeur du Développement dans une société vietnamienne de produits dermo-cosmétiques, Marc Villard était jusqu’en mars dernier président de la Chambre de Commerce et d’Industrie française au Vietnam, mandat qu’il assumait depuis mars 2007. Il a également été vice-président de l’Assemblée de Français de l’étranger de 2003 à 2006.

LEPETITJOURNAL.COM – Quelles sont selon vous les principales attentes des Français de l’étranger en Asie du Sud-est ? Quels sont les sujets que vous comptez défendre en priorité devant le Parlement ?
Marc Villard : Que ce soit en Asie du Sud Est, sur l’ensemble de la 11ème circonscription ou dans le monde entier, les préoccupations des Français à l’Etranger sont, pour l’essentiel, partout les mêmes, avec plus ou moins d’acuité selon le pays dans lequel ils vivent. La scolarité des enfants, la protection sociale, la santé, la sécurité, sont les principales, pour nos compatriotes expatriés. Viennent ensuite, la fiscalité, la protection des investissements et, de plus en plus, le statut du conjoint étranger.
Les préoccupations de nature économiques se multiplient alors que, tout particulièrement dans cette partie de la planète ,le nombre de PME/PMI et d’investisseurs individuels augmente rapidement. Beaucoup d’entre eux, installés avec un statut de droit local, participent au développement de notre commerce extérieur, mais souffrent de ne pas être éligibles à son dispositif d’appui actuel et de ne bénéficier ni de mesures ni de protections spécifiques appropriées.
La Gauche est traditionnellement très présente sur tous les dossiers sociaux au sens large du terme et, sans pour autant les négliger, je veillerai, si le suffrage universel m’offre la possibilité de siéger sur les bancs de l’Assemblée Nationale, à orienter mon action vers la défense des investisseurs français hors de notre hexagone, la mise en oeuvre à l’étranger du dispositif d’appui au commerce extérieur. Faire en sorte qu’il soit mieux adapté aux PME/PMI et aux investisseurs individuels. Mon expérience de plusieurs années à la Présidence de la Commission des Finances et des Affaires Economiques de l’Assemblée des Français de l’Etranger, mais aussi de Conseiller du Commerce Extérieur de la France et d’ancien Président de Chambre de Commerce devrait m’y aider !

Que pensez-vous de la question soulevée par le député P.S. Jérôme Cahuzac sur la fiscalité des Français de l’étranger ?
On ne parle que de Jérome Cahuzac ou de DSK [Dominique Strauss-Kahn] ! Pourtant cette réflexion a été reprise par des membres de la majorité présidentielle, et approfondie par Jean Arthuis, Président de la Commission des Finances du Sénat. Mais, ce contre quoi je m’insurge le plus, c’est qu’on tronque, au point de la « caricaturer », la déclaration de J. Cahuzac en passant sous silence le fait qu’il propose de soumettre à l’impôt les seuls expatriés dont les revenus sur l’année seraient supérieurs à 6 fois le plafond de la sécurité sociale, ce qui représente un revenu annuel de 200.000 euros…et qui est loin de constituer le revenu de la majorité des Français à l’étranger !
Si nos compatriotes critiquent souvent le dispositif déployé à l’étranger pour faciliter leur implantation, il y sont très attachés et on ne peut escamoter la question de son financement qui s’étend bien au-delà de la seule aide à la scolarité ! Avec, par exemple, le réseau consulaire, l’aide sociale, la sécurité, l’accès à la protection sociale – d’où l’Etat vient de se désengager -, tout un ensemble qu’il importe de financer.
La droite à beau jeu de critiquer les propositions de Jérome Cahuzac ! Faute de moyens, elle réduit année après année le réseau diplomatique et consulaire, les budgets de l’Agence pour l’Enseignement Français à l’Etranger dont dépendent nos établissements scolaires ! La part des parents dans le financement du réseau AEFE est de plus en plus élevée… Elle évite par ailleurs de s’étendre sur les mesures annoncées par M. François Baroin, Ministre du Budget, qui vont toucher fiscalement les Français non résidents… La caricature a du mal à cacher la réalité…
Quand on pense financement, budgets, d’emblée on pense impôts ! Mais les Français à l’étranger sont déjà soumis à l’impôt, souvent plus lourd qu’en France, dans leur pays de résidence… Pour ma part, je préfèrerais voir explorer d’autres pistes pour qu’à l’avenir, soit mis en place un budget spécifique, avec ses propres ressources : valorisation de l’apport des Français à l’Etranger à notre Commerce Extérieur, pourcentage de l’impôt sur les sociétés françaises exportatrices, etc… Ainsi seraient financées de façon pérenne les mesures au bénéfice des quelque 2,5 millions de Français vivant à l’étranger.

Vous êtes candidat à la députation pour la zone Russie-Asie-Océanie. Que pouvez-vous nous dire sur cette circonscription ?
Qu’elle est passionnante, par sa taille, par sa diversité et par son dynamisme ! Une zone du monde qui offre d’immenses opportunités pour nos compatriotes, pour nos entreprises. Une zone qui connaît hélas aussi des problèmes graves, comme actuellement au Japon. Je voudrais d’ailleurs souligner l’excellent travail accompli, aux côtés de notre Administration, par les élus de l’AFE de cette région dans ces moments difficiles.

Votre rival de l’UMP, Thierry Mariani, estime que son poids politique et son expérience de l’Assemblée nationale sont des atouts majeurs pour défendre au mieux les intérêts des Français de l’étranger. Vous semblez plus proche du terrain que de Paris. Comment pensez-vous mener votre mission si vous êtes élu, quels sont vos atouts ?
Que voulez vous que Thierry Mariani nous dise d’autre, lui qui partage son temps entre Paris et le Vaucluse ? Je pense, au contraire, que le fait de vivre depuis bientôt 21 ans au coeur de cette circonscription, de représenter depuis bientôt 12 ans les Français de l’Asean à l’Assemblée des Français de l’Etranger, d’avoir été pendant plusieurs années Président d’une Chambre de Commerce Française à l’étranger, et donc d’avoir  »de l’intérieur », du  »terrain » une vraie connaissance du quotidien des Français à l’étranger, quotidien que je partage, sont des atouts irremplaçables. Je ne crois absolument pas, comme l’affirme Thierry Mariani, qu’il faille longtemps aux nouveaux élus pour trouver leur juste place à l’Assemblée Nationale et défendre leurs électeurs ! Prenez l’exemple des Sénateurs représentant les Français établis hors de France, anciens élus à l’AFE, il ne leur a pas fallu bien longtemps pour trouver leur place dans l’hémicycle et ne pas se contenter d’y faire de la figuration !
La seule façon de mener à bien ma mission sera de maintenir un bon équilibre entre la nécessaire présence à l’Assemblée et en commission et le contact avec le quotidien des Français expatriés qu’il est essentiel de ne pas perdre. Un travail en étroite collaboration avec les élus à l’AFE sera absolument primordial. Mon expérience acquise à l’AFE, dont j’ai occupé la Vice-Présidence trois ans durant, mon travail à la tête de la Commission des Finances et des Affaires économiques sont autant d’atouts pour mener à bien ce mandat parlementaire en faveur des Français à l’Etranger.

Comment va se dérouler votre campagne électorale ?
Tout est à inventer ! Personne n’a jamais fait campagne dans le passé sur une aussi vaste circonscription ! Comme il sera matériellement difficile de visiter tous les pays, internet et tous les moyens de télécommunications seront utilisés, mais rien ne remplacera le contact direct que je m’efforcerai de privilégier. Ma suppléante, Laure Desmonts, basée à Canton, les élus du Groupe Français du Monde-ADFE, les sections PS, nos associations, apporteront partout leur contribution. Ils seront tout à la fois des relais du terrain et des porte-parole. Nous apprendrons en avançant…
La campagne est déjà commencée, elle commence le jour où vous décidez d’être candidat et les sujets de discussion seront ceux privilégiés)par les électeurs !

Propos recueillis par Pierre QUEFFELEC

Le Petit Journal de Bangkok: Marc Villard ,Candidat PS pour la députation en Asie vendredi 6 mai 2011