MARC VILLARD – Candidat du Parti Socialiste aux Législatives 2012 dans la 11ème circonscription

 

 

 

MARC VILLARD – Candidat du Parti Socialiste aux Législatives 2012 dans la 11ème circonscription

Écrit par Eric Ollivier

Les 3 et 17 juin 2012 se dérouleront les élections législatives en France et pour la première fois, 11 députés représenteront les Français de l’étranger. 11 circonscriptions ont en effet été créées pour tenir compte de la répartition des électeurs dans le monde : un député pour 100.000 inscrits (à plus ou moins 20%) sur les listes électorales. Le ou la future élue de la 11ème circonscription aura la lourde tâche de représenter 49 pays, de la Russie jusqu’à l’Océanie en passant par toute l’Asie. Nous entamons notre série de portraits des candidats avec Marc Villard, candidat du Parti Socialiste, à l’occasion de sa venue à Hong Kong Marc Villard à Wanchaï lundi 9 janvier 2012 Le candidat PS sur la zone Russie–Asie-Océanie pour les élections législatives de 2012 sera Marc Villard, Conseiller Elu à l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE) et Président de la Commission des affaires économiques et financières depuis 2006. Expatrié depuis 30 ans, en Afrique puis au Vietnam, pour la société Interagra jusqu’en 1993, pour les Laboratoires Pierre Fabre à partir de 1994, puis directeur du développement dans une société vietnamienne de produits dermo-cosmétiques depuis 2009. A ce titre il travaille pour une société de droit local, mais dirigée par des Français, qui importe exclusivement des produits français. Marc Villard était jusqu’en mars dernier président de la Chambre de Commerce et d’Industrie française au Vietnam, poste qu’il a occupé à plusieurs reprises depuis 1998, mandat qu’il assumait depuis mars 2007. Il a également été l’un des trois vice-présidents de l’Assemblée de Français de l’étranger de 2003 à 2006. Marc Villard vient d’être nommé Chevalier dans l’ordre National de la Légion d’Honneur le 1er janvier de cette année. Il est membre du Parti Socialiste et élu à l’ADFE depuis 2000, marié à une Vietnamienne et a 3 trois enfants majeurs qui vivent en France.

Laure Desmonts, sa suppléante, est expatriée en Asie depuis 8 ans et vit à Canton depuis 7 ans avec son mari. Elle est consultante en ressources humaines dans une entreprise locale pour assister des entreprises étrangères dans le recrutement de leurs cadres chinois. Elle parle mandarin et comprend le cantonais. Très engagée lors de son cursus universitaire, à l’UNEF, elle a rejoint une fois à Canton le Parti Socialiste et l’ADFE.

LePetitJournal.com : Pourquoi avoir décidé de vous présenter à ces élections inédites et, selon vous, quel rôle pourra jouer le futur élu ?

Marc Villard : Elu à l’Assemblée des Français de l’étranger, membre de la Commission des affaires économiques et financières, mon rôle, tout comme celui de mes collègues, est de faire remonter au gouvernement, aux administrations et aux sénateurs des Français de l’Etranger les préoccupations des Français de l’étranger, de faire des propositions. Toutefois, le fait que l’AFE soit une assemblée consultative, limite singulièrement la portée de nos actions, de nos recommandations ou suggestions. Etre député, cela signifie participer à l’élaboration de la loi. C’est donc une formidable opportunité de prolonger le travail effectué à l’AFE, à une autre échelle et avec plus d’efficacité.

 

Marc Villard est venu à Hong Kong mardi 10 janvier 2012 exposer ses positions et écouter les préoccupations de ses concitoyens. Il est entouré, à sa gauche, de Claudine Lepage, sénatrice des Français de l’Etranger et à sa droite, de sa suppléante Laure Desmonts et de son Directeur de Campagne, René Aicardi

 

Pourquoi est-il important qu’il y ait des députés ? Il y a aujourd’hui environ 2,5 millions de Français à l’étranger dont pas loin de 1,5 million inscrits sur les listes électorales. Or ces Français n’étaient représentés jusqu’ici que par les sénateurs. Deux avantages à l’arrivée de ces députés. Le premier c’est que d’un point de vue de la représentation parlementaire il y avait un déséquilibre et que les sénateurs n’avaient jusqu’alors pas d’équivalent à l’Assemblée Nationale. Par conséquent, les propositions de lois lancées par les sénateurs ne trouvaient pas toujours d’appui à l’Assemblée. Et quand on connaît les préjugés qui peuvent exister à l’encontre des Français de l’étranger, cette représentation à l’Assemblée devenait donc plus que nécessaire. Le deuxième avantage, c’est que les députés seront les élus d’une circonscription, contrairement aux Sénateurs, et pourront ainsi mieux défendre leurs concitoyens. J’ajouterai qu’en terme de représentativité, ils auront une assise électorale plus large du fait de leur élection au suffrage direct.

La zone de la 11ème circonscription est immense, comment allez-vous gérer votre campagne ? C’est effectivement 49 pays et une zone immense. N’ayant pas les moyens de certains candidats, il est évident que je ne pourrai pas aller partout. L’idée, c’est tout de même de se déplacer le plus possible à la rencontre des électeurs mais en privilégiant les secteurs clef selon deux critères, là où les communautés françaises sont les plus nombreuses et là où sont les plus grosses difficultés. Je connais également déjà bien les pays de l’ASEAN (10 pays) puisque je suis élu à l’AFE sur cette zone et aurais donc moins besoin de m’y déplacer. Mais pour mener à bien cette campagne, il convient d’être présent sur les réseaux sociaux et je suis à ce titre déjà très actif sur facebook et twitter. Je communique également via mon blog de manière interactive et sur des questions concrètes. Très prochainement une newsletter va venir compléter cette présence sur les réseaux sociaux. Enfin nous utiliserons bien sûr les relais du Parti Socialiste présents dans tous les pays. Il y aura de toute façon deux parties dans cette campagne, une première jusqu’aux présidentielles pour se faire connaître puis une fin de campagne plus active quand les regards ne seront plus tournés que vers ces législatives.

Quels sont vos axes de priorité, les dossiers majeurs que vous comptez défendre auprès de l’Assemblée si vous êtes élus ? Mes préoccupations sont celles des Français de l’étranger. Il est vrai que j’ai personnellement une fibre commerciale et entrepreneuriale du fait de mon expérience professionnelle et de mon travail à l’Assemblée des Français de l’Etranger. Sans méconnaître lés préoccupations sociales, éducatives, ces domaines correspondent à de nombreuses attentes de nos compatriotes car la typologie des nouveaux expatriés a évolué depuis quelques années. Il y a de plus en plus de PME/PMI, de jeunes entrepreneurs individuels. Mais quels que soient les pays où snous nous rendons, les préoccupations essentielles sont les mêmes. Ils concernent la fiscalité (notamment les conséquences des applications d’accords bilatéraux avec la France) et la sécurité. En ce qui concerne la scolarité, la priorité numéro un est de maintenir la qualité du réseau, de sanctuariser des budgets pour l’AEFE (Agence pour l’Enseignement Français à l’Etranger) et d’éviter que la part de financement des parents ne continue de croître. Et dans les établissements à gestion directe (ce n’est pas le cas à Hong Kong), donner aux parents une vraie place dans les conseils d’établissement pour qu’ils puissent avoir leur mot à dire sur les décisions d’investissement. C’est selon moi plus que justifié puisque ce sont les parents qui, par les frais de scolarité, financent à hauteur de 70% les nouveaux investissements.

Par ailleurs, je tiens à revenir sur le procès d’intention que l’on nous a fait, déclarant que la Gauche était conte la « gratuité ». Personne n’est contre la gratuité … quand elle est possible. Nous étions, à gauche, contre la méthode adoptée qui créait des disparités entre les parents. Nous aurions préféré que les budgets attribués à la gratuité soient versés à celui des bourses scolaires de façon à en augmenter le nombre de bénéficiaires pour progressivement arriver à une gratuité totale. Cette méthodologie nous parait beaucoup plus juste puisqu’elle prend en compte les critères sociaux et économiques de chaque foyer. La crise a de toute façon engendré une pause, on ne parle plus de gratuité mais seulement de 70% de prise en charge, sur la base des frais de scolarité de 2007…

Et sur des sujets comme les entreprises et la fiscalité ? Je crois qu’il faut en premier lieu mieux préparer en amont les entreprises à venir s’implanter à l’étranger. Localement, un des problèmes qu’il faut régler est celui du financement des entreprises qui se lancent et qui ont du mal, faute de garanties suffisantes à trouver des financements auprès des banques. C’est depuis plusieurs mois un des axes de travail de la Commission des Finances et Affaires Economiques que je préside. S’agissant de la fiscalité, nous devrons veiller à l’application des conventions bilatérales de manière optimale pour nos compatriotes. Je regrette d’ailleurs que les élus à l’AFE, les Conseillers du Commerce Extérieur de la France, les Chambres de Commerce Françaises à l’Etranger ne soient impliquées plus en amont lors des négociations de ces conventions bilatérales. Nous sommes le plus souvent mis devant le fait accompli, une fois les conventions négociées et signées. Il faudra également faire évoluer la fiscalité, par exemple en permettant aux non-résidents français de déduire de leurs revenus déclarés en France certaines charges aujourd’hui non déductibles –alors qu’elles le sont pour les résidents- telles que les pensions alimentaires, et faire bénéficier les Français de l’Etranger des dispositions du régime général.

Mais plus que tout, j’aimerais que l’on aborde la fiscalité sous un angle différent. Quand aujourd’hui on nous parle de fiscalisation des Français de l’étranger, la question de fond, c’est le financement du dispositif d’accompagnement des Français à l’Etranger. Le dispositif actuel a été mis en place alors que nous n’étions, il y a encore quelques années, moins d’un million, nous sommes désormais près de 2,5 millions… En 2011, on estime à un peu moins d’un milliard d’euros le coût du dispositif. Le Centre des Impôts des non-résidents encaisse chaque année, au titre des non-résidents environ 500 millions d’euros, il resterait donc, pour simplifier, à trouver 500 millions d’euros ‘’pour boucler le budget.’’ A la fiscalisation des Français à l’étranger, je préfère la valorisation de l’apport des Français de l’Etranger au développement de notre commerce extérieur. A l’initiative des CCE de l’Asean nous avons mis en place une étude d’évaluation de l’apport à notre commerce extérieur des sociétés de droit local à capitaux ou direction français (Le but de cette étude étant initialement de permettre à ce type de sociétés non prises en compte par nos Missions Economiques parce que de droit local de bénéficier des mesures d’appui au développement de notre commerce extérieur). Pour le seul Vietnam, cette étude menée conjointement avec la Chambre de Commerce, montrait que les entreprises de droit local contribuaient directement ou indirectement à hauteur de 400 millions d’euros au commerce extérieur de la France… L’apport des Français non résidents est donc évident et nous pourrions donc imaginer à ce titre qu’un pourcentage des recettes fiscales venant des Entreprises Françaises exportatrices soit ‘’dédié’’ au financement du dispositif d’accompagnement des Français à l’Etranger… C’est en tout cas une réflexion qu’il convient d’approfondir.

Vous résidez aujourd’hui au Vietnam, comment comptez-vous organiser votre temps, entre la France, le Vietnam et les pays de la 11ème circonscription pendant votre mandat en cas d’élection ? L’essentiel du travail se fait à l’Assemblée Nationale, c’est là qu’ont lieu les sessions parlementaires et qu’on élabore les textes de lois. Cela implique donc d’être basé à Paris. Mais le travail sur le terrain est également incontournable. Le mode de fonctionnement devrait finalement s’apparenter à celui des députés des DOM qui passent environ deux tiers de leur temps à Paris et un tiers de leur temps dans leur département. Bien sûr, la grande différence est qu’en ce qui concerne la 11ème circonscription la zone est immense. Il faudra donc alterner les voyages dans les différents pays selon l’actualité et les besoins. Je compte bien sûr m’appuyer également sur les élus de l’AFE qui connaissent parfaitement ‘’leur terrain’’. Contrairement à ceux qui craignent pour le devenir des Conseillers AFE une fois qu’il y aura des députés, je pense que leur rôle sera renforcé par l’action qu’ils auront auprès du député de leur circonscription. Enfin je continuerai bien sûr à m’appuyer sur les réseaux associatifs et politiques.

La communauté française en Chine et à Hong Kong est en constante augmentation et fait désormais partie des communautés les plus importantes de la zone. Ils vous écoutent via cette tribune, que souhaiteriez-vous leur dire ? Pour la plus grande partie d’entre eux, les préoccupations sont certainement celles des Français à l’étranger que j’ai pu évoquer plus haut. Mais La Chine et Hong Kong font partie de ces régions dans le monde où la communauté française expatriée est en train d’exploser et où donc les questions d’enseignement, du maintien du service public, des consulats sont particulièrement importantes. La typologie des Français de l’étranger y évolue rapidement. Il y a beaucoup de nos compatriotes, notamment en Chine du Sud, avec des contrats de travail chinois, sans retraite, sans protection sociale. Tous ces Français ont parfois peu de liens avec la France mais ont besoin d’être soutenus. Il s’agit donc de les suivre tout particulièrement, de faire adapter le ‘’dispositif’’ de mesures d’accompagnement à ces nouvelles conditions d’expatriation.

Propos recueillis par Eric Ollivier

Source: Le Petit Journal Edition de Hong Kong du 17 Janvier 2012.

Le blog de la candidature de Marc Villard

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