Profession de foi pour l’investiture PS aux législatives 2012

Petit-fils d’instituteurs issus de familles très modestes, je crois aux vertus de l’Ecole de la République, et j’ai baigné très tôt dans ce qu’il convient d’appeler « nos valeurs »… Si je devais résumer ces valeurs, je dirais qu’elles sont celles des débuts historiques de l’Humanisme. Elles ont pour nom liberté, égalité, fraternité ou, autrement dit, respect d’autrui, tolérance, justice sociale. Leur priorité : le progrès humain, au sens de qualité de la vie, de la connaissance. Ces progrès, nous les mettons au service des individus, non pas au service de l’économie pour le seul bénéfice de quelques uns.

J’ajouterais que je suis profondément attaché à la laïcité que je comprends comme un espace, matériel ou immatériel, neutre, où l’appartenance religieuse n’est ni affichée ni prise en compte. De même, je considère que le droit est indissociable du devoir, avoir des droits implique en retour avoir des devoirs !Cela fera bientôt trois décennies que je suis expatrié et, au fil des ans, au sein d’organisations, de groupes d’amis ou de collègues, puis dans des associations professionnelles, j’ai toujours manifesté et revendiqué mon ancrage à gauche et fait en sorte d’essayer, par l’exemple, par l’engagement et l’action, de promouvoir nos idées.Elu à l’Assemblée des Français de l’Etranger en 2000, Vice-Président de cette Assemblée, puis Président de la Commission des Affaires Economiques, il m’a paru que la députation était la suite logique de ce cheminement à gauche avec et pour les Français à l’Etranger.Sans négliger pour autant tous les aspects ‘’sociaux’’ de la vie des Français à l’étranger : protection sociale, enseignement, sécurité, points sur lesquels la Gauche est mobilisée en permanence, je mettrai, lors de ma campagne et si je suis élu, plus particulièrement l’accent sur les problèmes économiques.

‘’La Communauté française établie hors de France est indéniablement un atout de premier ordre pour notre pays. Elle participe au rayonnement de notre culture, à l’épanouissement de nos valeurs et à la vigueur de notre coopération. Dans un monde où la concurrence s’exacerbe, elle contribue également à la tenue des exportations, à la vitalité de notre économie et à l’emploi…’’

Combien de fois n’avez-vous pas entendu de la bouche d’un ministre de passage une tirade de ce genre ?

Souvent…

 

Expatriée en Asie depuis 2003, j’ai choisi de quitter la France après mes études. D’abord, par curiosité personnelle, en vue de découvrir des horizons nouveaux. Mais, également, pour des raisons d’ordre professionnel, le marché du travail français étant très difficile à pénétrer pour les jeunes.Le nombre de Français en Asie et, particulièrement, en Chine, a très fortement augmenté ces dernières années et beaucoup de jeunes expatriés comme moi connaissent une situation très différente de celle qui est décrite par les responsables politiques et les médias en France. Une portion de plus en plus grande de ces nouveaux expatriés est embauchée en contrat de droit local, prend en charge elle-même son assurance sociale et sa retraite ou, trop souvent, ne cotise pas du tout, faute de moyens, paye ses impôts dans son pays de résidence et les frais de scolarité très élevés des enfants. Si certains connaissent une grande réussite, d’autres moins et ils sont loin de l’image d’Epinal d’expatriés nantis !Depuis des années, le désengagement de l’Etat et la politique mise en place par la droite faisant la promotion d’un indivi-dualisme décomplexé ont malheureusement encouragé à un éloignement d’une partie des expatriés du débat national, notamment les jeunes actifs. L’élection de députés est une chance pour les Français à l’étranger de rétablir une image plus conforme à la réalité et de retrouver un lien avec la France.A gauche depuis toujours, j’ai beaucoup milité tout au long de mes études universitaires. J’ai rejoint le PS et l’ADFE lors de mon installation en Chine. Comme Marc, je suis convaincue que le désir d’entreprendre, la réussite professionnelle, la promotion d’une économie ouverte à l’international, sont possibles sans nécessairement laisser de côté une partie de la population, et je partage profondément les valeurs de tolérance et de justice sociale qu’il défend.  Laure Desmonts

Et pourtant, si nos mérites semblent ainsi reconnus et loués, nous ne retrouvons pas le même enthousiasme quand il s’agit d’attribuer des budgets à destination des Français à l’Etranger. Je ne prendrai qu’un exemple pour illustrer cette contradiction entre le discours et la réalité : alors que ces 10 dernières années la population expatriée enregistrée dans les Ambassades et Consulats a connu une croissance de presque 60%, dans le même temps les crédits d’action sociale ont baissé de 25% !

Français à l’Etranger, nous souffrons auprès des responsables politiques –et de beaucoup de nos compatriotes- d’une image fausse, image d’Epinal dépassée qui nous représente comme des nantis, installés le plus souvent dans des pays paradisiaques… et qui seraient pour la majeure partie des évadés fiscaux !

Dans cette période de ‘’contrainte budgétaire’’ les Français à l’Etranger sont les premières victimes du désengagement de l’Etat : baisse des crédits de fonctionnement des Consulats et diminution des personnels, atrophie de l’aide sociale, augmentation des cotisations de la CFE, majoration des frais de scolarité, transfert de charges vers le privé etc.

Il convient de montrer aux responsables politiques -tout comme à nos concitoyens hexagonaux- que les Français à l’Etranger, loin d’être une charge pour l’Etat, pour la France et ses contribuables, sont bel et bien une chance et un vecteur de notre développement économique ainsi que de notre rayonnement culturel.

Et cette présence économique à l’étranger, il faut la renforcer, aider, accompagner les PME /PMI et les investisseurs individuels qui veulent s’installer. C’est un défi que j’ai entrepris de relever en tant qu’élu à l’AFE, Président de la Commission des Affaires économiques, mais aussi en ma qualité de Président de Chambre de Commerce et Conseiller du Commerce Extérieur de la France, en faisant partager ces préoccupations, en mobilisant ces réseaux, pour les mettre au service de tous.

Un des objectifs est d’ouvrir le dispositif d’appui au Commerce Extérieur aux entreprises de droit local créées et dirigées par des Français. Ces entreprises, ces investisseurs individuels, n’étaient jusqu’à maintenant pas pris en compte par ce dispositif d’appui au Commerce Extérieur. Pourtant, leurs apports au développement de notre commerce, au rayonnement culturel de la France sont indéniables. Nous nous sommes attachés à les mettre en évidence et nous voyons aujourd’hui les premiers résultats de nos efforts, certaines dispositions, VIE, assurance COFACE, s’ouvrent à ces entreprises et à ces investisseurs. D’autres possibilités, notamment financières, s’assouplissent. Mais il reste encore énormément à faire…

En apparence, au sein de l’Assemblée des Français de l’Etranger, les élus de droite partagent –voire empruntent avec gourmandise- nos idées, mais lors des votes budgétaires, ils suivent les recommandations du gouvernement… et rien ne change ! Il est intéressant de noter qu’au sein de cette même Assemblée, ces préoccupations économiques ont été introduites et continuent à être portées par des élus de gauche !

Ces changements que nous voulons pour les Français à l’Etranger, ils ne seront possibles qu’en les imbriquant dans l’ensemble du débat national, en combattant la politique mise en place par la droite. En démontrant que, contrairement à sa conception libérale, qui met la société au service de l’économie, l’économie peut être et doit être au service de la société… Cela passe par une redéfinition du rôle de l’Etat dans l’économie, par la lutte contre les inégalités fiscales et autres, par le renforcement de la solidarité nationale.

Nous nous devons de proposer une vision différente de l’économie que celle d’un système basé sur le profit, le désir d’accumulation et centré sur l’individu. Nous devons travailler à orienter l’économie de marché vers la satisfaction du plus grand nombre dans une démarche ouverte à l’international. Nous devons réhabiliter l’entreprise, le désir d’entreprendre, à gauche et dans l’ensemble du pays.

C’est ce à quoi je m’attacherai si vous m’apportez votre confiance pour être votre candidat, avec Laure, à l’élection législative de 2012.

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